NOTE CONCERNANT LA CHARGE, LE SYNDICAT, LE COUTEAU COURSE

20 questions ou affirmations qui traduisent un besoin d’information de la part des clients et des couteliers

FAUX: Il n’est pas obligé de fabriquer uniquement du Couteau Corse. Le label concerne la qualité et l’origine du travail et non le caractère identitaire ou traditionnel qui sont désignés par le poinçon “CT”. On peut prétendre à la labellisation sans pour autant faire du couteau corse.

FAUX: Le label est accessible à tous car le niveau n’est pas élitiste. Si le coutelier prévoit de commercialiser plusieurs gammes (dont une comportant beaucoup de sous-traitance, une finition limitée,…), il lui suffit de les différencier par l’intermédiaire de ses poinçons pour éviter les confusions et permettre une accession au label via la production correspondant aux criètres.

Ceci pour éviter la concurrence déloyale.

VRAI: On peut signer la Charge sans être labellisé. La Charte correspond à un engagement du coutelier, alors que le label est décerné par une Commission sur la base d’éléments concrets, validés par une grille de cotation.

FAUX: Le Couteau Corse ne correspond pas à un modèle unique. La définition du couteau corse entre dans un cadre assez vaste pour permettre d’innombrables possibilités, tout en excluant un certain nombre de critères qui n’ont rien de traditionnel.

VRAI: Le label garantit un travail de bonne qualité et une fabrication locale. Grâce à une grille de cotation précise et objective permettant de vérifier le niveau de qualité et de sous-traitance, il offre une véritable garantie faisant office de référence.

Faux : Le label ne créé pas une concurrence déloyale. Au contraire, il la limite, en encourageant les artisans à respecter les 2 grands principes d’Origine et de Qualité et en les valorisant, cela participe à rétablir un certain équilibre car ce choix n’est pas celui de la facilité.

FAUX: Le label apporte des avantages en terme de communication: crédibilité, visibilité et valorisation de l’artisanat, du travail manuel, de notre patrimoine, de notre identité, de nos savoir-faire, du métier de coutelier et de la valeur de notre production. Il y a aussi un soutien actif de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et de l’ADEC qui permet d’aider concrètement les artisans prêts à relever le défi en termes de formations, d’investissements, de participation aux foires et salons…

Vrai: Le label n’empêche pas les importations… mais…. il n’a pas vocation à interdire l’importation de couteaux bas de gamme flanqués d’une tête de Maure; Il permet juste à tout acquéreur de faire un choix d’achat sans confusion, en connaissance de cause. C’est également un moyen de justifier des écarts de prix entre les contrefaçons industrielles et le savoir-faire de nos artisans.

FAUX: Le label n’est pas un dictat. Il n’empêche pas les autres artisans de travailler. Il ne sert pas non plus à critiquer ni à donner des leçons. C’est une dynamique positive pour les artisans prenant un engagement concernant leur propre travail, sans se soucier des choix des autres.

FAUX: Le label ne transforme pas le couteau corse en objet de luxe, il encadre un processus de fabrication qui définit une certaine transparence en terme de provenance des couteaux et une qualité professionnelle basée sur des critères précis de fabrication; Critères votés à l’unanimité par les professionnels présents lors des réunions.

FAUX: Le Syndicat peut défendre les intérêts des membres si besoin. De plus, de nombreux avantages comme le financement des formations, le groupement d’achat, la communication, la valorisation de la filière…. ne sont pas réservés aux seuls labellisés.

FAUX: Le label n’induit pas d’augmentation de prix; il le justifie en valorisant le travail réalisé grâce à de l’information, de la pédagogie, et des éléments d’appréciation à la portée de tous.

FAUX: Le label n’est pas réservé à l’élite des couteliers, mais à la majorité des professionnels. Le consensus né au moment de son élaboration porte sur un équilibre concernant une qualité et une sous-traitance acceptable. Pour être labellisé niveau 1 (FIC), comme il n’est pas demandé que le couteau soit parfait, il est aussi toléré une part de sous-traitance très limités, parfaitement encadrée et ne portant que sur des étapes ne demandant aucun savoir-faire (contour de la lme, du ressort et des mitres). En encore, tout cela doit se limiter au stade d’ébauche. Dons, à ce sujet, il ne nous semble pas faire preuve de laxisme… De plus, le label comportant 2 niveaux, doit-on rappeler que le plus élevé, ne tolère aucune sous-traitance à part les vis. Pas plus qu’il ne tolère d’écart en termes d’ajustage et de finitions pour une question de logique et de conscience professionnelle.

VRAI: Notre démarche, qui a commencé par la structuration de la filière, avant de se concentrer sur un projet alliant tradition, identité, qualité et origine du produit proposé, nous place  clairement dans une logique d’identification Géographique Protégée (IGP). Ce qui a fait ses preuves, depuis longtemps dans le domaine agricole, est maintenant possible dans le secteur artisanal avec l’IG (son équivalent). Un dossier est en cours de dépôt. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à comparer notre situation à la production de charcuterie (entre autre) en ce qui concerne les dérives, les excès, et l’hypocrisie justifiée par une “logique” économique.

Encore une fois, le but n’est pas d’interdire mais de clarifier les choses, et de limiter la concurrence déloyale, basée sur le manque d’information du public en général et de la clientèle en particulier.

Un autre exemple, la filière vinicole qui, en faisant taire les querelles intestines et en se concentrant sur la qualité (et les cépages endémiques…) a pu progresser de manière spectaculaire et positive, surtout lorsqu’on se souvient du niveau de qualité proposé dans les années 70. Ce raisonnement leurs a permis d’élever le niveau général tout en renforçant le caractère identitaire. A ce titre, il ne fait aucun doute que le pari est gagné, y compris économiquement…

FAUX : Le label n’exclut pas les modèles rustiques. Il signale le respect de critères techniques concernant la qualité, en plus d’une garantie d’origine locale,  sans considération esthétique.

FAUX : Le label est basé, à priori, sur la confiance mutuelle et réciproque. Cela permet d’entretenir des relations saines. Dans la majorité des cas, cela suffira car la plupart des couteliers sont honnêtes et responsables. Malgré tout, nous ne sommes pas dupes, et la tentation de s’arranger avec sa conscience fait partie de l’humanité… cela ne doit pas nous empêcher d’avancer. Pour cela, outre les visites d’ateliers et d’éventuelles démonstrations demandées, il est prévu que le label ne soit pas un acquis définitif. Il est renouvelable tous les 3 ans. Même les AOC disposent d’un système de contrôle et de suivi de la part de l’organisme certificateur. De plus, lorsque le site sera fonctionnel, nous publierons la liste des couteliers adhérents au syndicat, celle des labellisés, et malheureusement, si nécessaire, nous publierons la liste des exclus avec les motifs.

Nous disposons d’autres moyens de vérification qu’il est inutile d’énumérer, mais rappelons-nous de ce proverbe : « A BUGIA, HA L’ANCHE CORTE »

VRAI : les critères sont énumérés dans une grille de cotation et limitent sérieusement l’interprétation et la subjectivité de la part des membres de la commission.

FAUX : Le Label n’est pas un simple argument de Marketing. Il n’est pas non  plus une coquille vide, comme on le voit souvent. Il émerge d’un consensus très large au sein de la profession et se base sur des critères reconnus, qui seront bientôt renforcés par des contrôles et des tests mécaniques (grain, dureté, coupe), afin d’augmenter encore la légitimité du label. Notre objectif étant de tirer la profession vers le haut pour faire perdurer l’image de qualité qui caractérise le couteau corse et la renforcer en permettant au coutelier de s’améliorer quel que soit son niveau.

FAUX : Comme pour tous les métiers, il est nécessaire de se former pour exercer correctement. De plus, la fabrication d’un couteau nécessite une maitrise et un accord entre différentes spécialités incluant :

  •  La métallurgie et la forge (la matière, le foyer, la soudure au feu)
  • Les traitements thermiques (la dureté, le grain,…)
  •  Le travail de différents métaux
  • La sécurité et la santé de l’artisan
  • La sélection et le travail de la matière organique ou synthétique pour le manche (bois, corne, carbone,…)
  • Le travail du cuir pour les étuis
  • Les différentes techniques d’embellissement (guillochage, gravure, sculpture,…)
  • Le travail d’abrasion à la main (lime, calle à poncer ou à l’aide de machine modernes)
  •  L’éducation du regard afin d’améliorer l’analyse de la qualité du travail effectué
  • La finition
  •  Le travail des volumes (équilibre, prise en main, harmonie)
  • Il faut aussi une certaine expérience qui ne s’acquiert qu’avec le temps, quelle que soit la vision du métier.

Peu importe si on décide :

  • De tout faire soit même,
  • De travailler à la thiernoise, ou le choix de la productivité et la volonté de mainmise des patrons à engendré une séparation du savoir et des tâches répétitives. Les artisans n’étaient souvent que des ouvriers ou des sous-traitants incapables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de fabrication
  • Trouver un équilibre entre les deux solutions précédentes.

FAUX : Presque tous les couteaux pliants, issus d’un artisanat populaire et de traditions ancestrale, ont tendance à se ressembler. Par ailleurs, le système à deux clous n’est représentatif d’aucune culture en particulier car on le retrouve quasiment partout. Malgré cela, si on raisonne de manière constructive et décomplexée, on peut considérer qu’un œil averti sera capable de distinguer des genres, voire des catégories, en se basant sur les matériaux utilisés, les formes, les dimensions et les méthodes de travail, en plus de certains détails d’ordre technique, esthétique ou ethnographique…

La logique veut aussi que si presque chaque territoire a développé un modèle qui lui est propre, pourquoi pas la Corse, séparée du reste du monde par la mer, lorsque les échanges étaient beaucoup moins fréquents, qu’entre les régions du continent ?

De ce fait, en se basant sur la réciprocité, si certains pensent qu’il n’existe pas de couteau corse, il faudra l’affirmer pour tous les autres couteaux régionaux ou identitaires du monde.

Refuser la spécificité culturelle, signifie aussi que la charcuterie, les vins et les fromages corses n’existent pas non plus, et ne sont que des variations ou des déclinaisons de ce qui se fait ailleurs, où on leur reconnait ces spécificités et cette richesse culturelle, bien entendu.

Pourquoi ne pas nier aussi l’existence d’un peuple et de sa langue ?

Soyons sérieux, la Corse a assez souffert de ce genre de thèse révisionniste et du complexe du colonisé, qui fort heureusement maintenant, sont plutôt derrière nous…